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Biographies

Congrs International des ƒcrivains et Artistes Noirs 1956

Opening Ceremony in the Amphithމtre Descartes, Jacques Rabemananjara, Richard Wright, Alioune Diop (standing), Dr. Jean Price-Mars, Paul Hazoume, Aime Cesaire, Emile Saint-Lot, Jacques Alexis, Paris, 1956, Roger-Viollet Collection

Louis Thomas Achille (1909-???)

Titre de la prŽsentation au Congrs de 1956 : Ç Les ÔNegro SpiritualsÕ et lÕexpansion de la culture noire È

Louis Thomas Achille est nŽ ˆ la Martinique. Il a reu son Žducation ˆ Paris et a commencŽ ˆ Žcrire en vue de publication en 1931, en franais comme en anglais. Catholique pratiquant, Achille a souvent Žcrit directement sur des sujets religieux, mais il a surtout Žcrit sur les problmes raciaux et le colonialisme franais. Il a parfois utilisŽ le nom de plume LŽon Terraud. Il a Žcrit pour de nombreux pŽriodiques en France, dont L'ƒtudiant Martiniquais ; La Revue du Monde Noir et La Revue Anglo-AmŽricaine. Il a Žgalement travaillŽ ˆ la radio pendant un certain temps, enregistrant et diffusant des Negro spirituals avec le Park Glee Club de Lyon. En 1932, il s'est rendu aux ƒtats-Unis en tant qu'instructeur dans le DŽpartement des Langues romanes ˆ Howard University, et il est devenu plus tard Assistant Professeur de franais. Aux ƒtats-Unis, Achille a exposŽ des tableaux de peinture ˆ l'huile ˆ la Howard University Art Gallery et ˆ la National Negro Art Exhibition ˆ Atlanta, et il a contribuŽ des articles ˆ de nombreuses publications, dont le Washington Post, le Washington Tribune et l'Afro-American.

Jacques-Stephen Alexis (1922-1961)

Romancier dont les Ïuvres politiquement engagŽes ont eu un profond impact sur les lettres ha•tiennes.

Titre de la prŽsentation au Congrs de 1956 : Ç Du rŽalisme merveilleux des Ha•tiens È

Alexis est nŽ dans une des familles littŽraires ha•tiennes. Son pre, StŽphen Alexis, Žtait l'auteur de Le Ngre masquŽ (1933) et avait Žcrit sur l'histoire ha•tienne. Aprs avoir terminŽ ses Žtudes ˆ l'Institut Saint-Louis de Gonzague, Jacques Alexis a ŽtudiŽ la mŽdecine ˆ Port-au-Prince et ˆ Paris. Il a participŽ ˆ la rŽvolte de 1946 en Ha•ti, et il a ŽtŽ contraint de s'exiler par peur de persŽcution politique. Il est retournŽ clandestinement sur l'”le en 1961, a ŽtŽ arrtŽ et est probablement mort en captivitŽ peu aprs. Les deux premiers romans d'Alexis portent sur l'occupation amŽricaine d'Ha•ti, et ils montrent une image complexe de la vie psychologique, sociale et politique de la population de l'”le. Les tendances procommunistes de ses ouvrages expliquent les nombreuses traductions de ses livres en URSS pendant les annŽes soixante. Ses Žcrits ultŽrieurs ont mis en valeur le folklore ha•tien et ont incorporŽ une langue crŽolisŽe Ñ une synthse complexe des influences linguistiques, culturelles et politiques d'Ha•ti.

Oeuvres choisies :
Compre GŽnŽral Soleil (1955)
Les Arbres musiciens (1957)
L'Espace d'un cillement (1959)
Romancero aux ƒtoiles (1960)

ƒdouard Andriantsilaniarivo (1912- ?)

Titre de la prŽsentation au Congrs de 1956 : Ç Le Malgache du XXme sicle È

NŽ ˆ Tananarive, Madagascar, Andriantsilaniarivo est devenu professeur de lettres, et ses Žtudes et Žcrits universitaires ont portŽ sur la langue, la littŽrature, l'histoire, les coutumes et les traditions de Madagascar. Il a publiŽ des articles dans divers journaux et revues, en franais comme en malgache. De plus, il a participŽ ˆ de nombreuses confŽrences et a rŽalisŽ des Žmissions pour diffusion ˆ la radio ˆ Madagascar.

Publication :
Le Thމtre malgache (1947)

Amadou HampatŽ B‰ (1901?-1991)

ƒcrivain malien, conteur, historien et thŽologien islamique.

Titre de la prŽsentation au Congrs de 1956 : Ç Culture peulhe È

B‰ est nŽ dans la ville de Bandiagara au Mali. Il a frŽquentŽ des Žcoles franaises ˆ Bandiagara et ˆ DjennŽ, et il a continuŽ son Žducation islamique traditionnelle auprs du cŽlbre intellectuel musulman Tierno Bokar. B‰ a recueilli et transcrit des fables et contes africains pendant les annŽes vingt et trente, et il a commencŽ ˆ Žcrire sŽrieusement pendant les annŽes qui ont suivi. Le chef-d'Ïuvre de B‰, LÕƒtrange destin de Wangrin, est un exemple de la faon dont il est parvenu ˆ transformer la forme narrative occidentale en prŽservant des parties importantes de la tradition orale africaine. Tout au long des annŽes quarante et cinquante, il a voyagŽ dans le Soudan franais (maintenant le Mali) et la Haute Volta (maintenant le Burkina Faso), o il a collectionnŽ de nombreux rŽcits et lŽgendes populaires d'Afrique. Il s'est rendu en France en 1951 pour la premire fois gr‰ce ˆ une bourse de l'UNESCO. En 1962, il est retournŽ ˆ Paris pour participer aux travaux du Conseil exŽcutif de l'UNESCO, pour lequel il a travaillŽ jusqu'en 1971.

Oeuvres choisies :
Koumen (1961)
Ka•dara (1969)
LÕƒtrange destin de Wangrin (1974)
Aspects de la civilisation africaine (1972)
JŽsus vu par un musulman (1993)
R.P. GŽrard Bissainthe (1928- )

Prtre, ancien Recteur, UniversitŽ de Port-au-Prince et ancien Ministre de Ha•ti. PrŽsident du Forum Francophone International.

Titre de la prŽsentation au Congrs de 1956 : Ç Le christianisme face aux aspirations culturelles des peuples noirs È

Horace Mann Bond (1904-1972)

ƒducateur amŽricain et administrateur universitaire qui a dirigŽ les recherches historiques ˆ l'appui de Brown v. Board of Education of Topeka, Kansas.

Titre de la prŽsentation au Congrs de 1956 : Ç Reflections, comparative, on West African Nationalist Movements È (RŽflexions comparatives sur les mouvements nationalistes ouest-africains)

NŽ ˆ Nashville, Tennessee, Bond Žtait un enfant prŽcoce, qui est entrŽ au lycŽe ˆ l'‰ge de neuf ans et ˆ Lincoln University, une facultŽ des lettres afro-amŽricaine en Pennsylvanie, ˆ 14 ans. Bond a obtenu un Doctorat en ƒducation ˆ la University of Chicago en 1936. La rŽputation de Bond dans les milieux universitaires a ŽtŽ Žtablie gr‰ce ˆ plusieurs publications concernant l'Žducation et le statut Žconomique des noirs en AmŽrique. Ses Ç Star Creek Papers È documentent le progrs des Žcoles publiques dans le district Star Creek de la paroisse de Washington, et ils sont considŽrŽs comme l'une des meilleures descriptions du Sud des ƒtats-Unis ˆ l'Žpoque de la DŽpression. Bond a passŽ de nombreuses annŽes comme administrateur dans diverses universitŽs noires et il a dirigŽ les efforts de soutien de la recherche ˆ l'appui de l'affaire Brown v. Board of Education of Topeka, Kansas, qui a entra”nŽ le rejet de la sŽgrŽgation scolaire. Il est le pre de Julian Bond, activiste trs en Žvidence dans le mouvement des droits de l'homme, qui est devenu prŽsident de la National Association for the Advancement of Colored People en 1998.

Oeuvres choisies :
The Education of the Negro in the American Social Order (1934)
Negro Education in Alabama: A Study in Cotton and Steel (1939)

AimŽ CŽsaire (1913- )

Pote martiniquais, dramaturge et dirigeant politique, connu comme le crŽateur du concept de NŽgritude.

Titre de la prŽsentation au Congrs de 1956 : Ç Culture et colonisation È

NŽ ˆ Basse-Pointe, Martinique, CŽsaire a ŽtudiŽ ˆ l'ƒcole Normale SupŽrieure et ˆ la Sorbonne ˆ Paris, France. Pendant son sŽjour ˆ Paris, il a rencontrŽ plusieurs autres Žcrivains noirs, dont LŽopold SŽdar Senghor et LŽon Damas. CŽsaire est retournŽ ˆ la Martinique pendant les annŽes quarante, et il y a poursuivi ses activitŽs politiques et littŽraires. Pendant de nombreuses annŽes il a ŽtŽ maire de Fort-de-France, le chef-lieu de la Martinique, et dŽputŽ ˆ l'AssemblŽe nationale franaise. Dans son long pome Cahier dÕun retour au pays natal (1939), CŽsaire a inventŽ le terme nŽgritude. Le pome est vite devenu un classique de la littŽrature sur la nŽgritude en raison de son exploration de la culture noire comme une entitŽ valide et indŽpendante. Dans ce pome ainsi que dans d'autres, il dŽnonce Žgalement en termes trs virulents l'oppression par la France des cultures indignes de ses colonies. CŽsaire a aussi Žcrit plusieurs pices de thމtre touchant aux thmes du pouvoir, de la dŽcolonisation et de l'identitŽ noire.

Oeuvres choisies :
Cahier dÕun retour au pays natal (1939; traduit sous le titre Return to My Native Land, 1968)
Soleil cou-coupŽ (traduit sous le titre SunÕs Slashed Throat, 1948)
Les armes miraculeuses (traduit sous le titre Miraculous Weapons, 1946)
Discours sur le colonialisme (1950 ; traduit sous le titre Discourse on Colonialism, 1972)
Toussaint LÕOuverture (1960 ; traduit en 1962)
Ferrements (traduit sous le titre Ironwork, 1960)
La tragŽdie du Roi Christophe (1963 ; traduit sous le titre The Tragedy of King Christophe, 1969)
Une saison au Congo (1966 ; traduit sous le titre A Season in the Congo, 1968)
Une tempte (1969 ; traduit sous le titre A Tempest, 1986)

Alioune Diop (1910-1980)

ƒcrivain sŽnŽgalais, Žditeur, fondateur de PrŽsence Africaine, qui a jouŽ un r™le central dans le mouvement de la NŽgritude. Principal organisateur du 1er Congrs International des ƒcrivains et Artistes Noirs en 1956.

Titre de la prŽsentation au Congrs de 1956 : Ç Discours dÕouverture È

Alioune Diop est nŽ ˆ Saint-Louis, SŽnŽgal. Il a ŽtŽ Žlve au LycŽe Faidherbe ˆ Saint-Louis, puis il a fait des Žtudes en AlgŽrie et ˆ la Sorbonne, ˆ Paris. Il est devenu professeur de littŽrature classique ˆ Paris et a reprŽsentŽ le SŽnŽgal au SŽnat franais aprs la Deuxime Guerre mondiale. En 1947, Diop a fondŽ PrŽsence Africaine, et, en 1949, il a fondŽ les ƒditions PrŽsence Africaine, une importante maison d'Ždition pour auteurs africains. Il a ensuite fondŽ la SociŽtŽ Africaine de Culture (1956) et a contribuŽ ˆ l'organisation du premier et du deuxime Congrs International des ƒcrivains et Artistes Noirs ˆ Paris et ˆ Rome (1959) ; du premier Festival Mondial des Arts Ngres ˆ Dakar (1966) ; et du second Festival des Arts et de la Culture Noirs et Africains ˆ Lagos (1977). Les Ministres de la Culture des ƒtats africains au Sud du Sahara ont Žtabli un Prix littŽraire en son honneur en 1982 ; la cŽlŽbration du 50e anniversaire de PrŽsence Africaine s'est tenue ˆ Paris en 1997 ; et les ƒditions PrŽsence Africaine sont toujours actives sous la direction of YandŽ Christiane Diop, sa veuve.

Cheikh Anta Diop (1923-1986)

Historien, ƒgyptologue, physicien, linguiste et anthropologue physique et culturel.

Titre de la prŽsentation au Congrs de 1956 : Ç Apports et perspectives culturels de lÕAfrique È

Personnage central des Žtudes africaines, Diop a d'abord ŽtudiŽ ˆ l'UniversitŽ de Dakar. Il est ensuite allŽ ˆ la Sorbonne pour y poursuivre son Žducation, et il y a ŽtudiŽ des sujets variŽs en sciences comme en lettres, y compris l'histoire ancienne, l'archŽologie, l'ƒgyptologie, la linguistique, la philosophie et la sociologie. Il a participŽ activement au mouvement pour l'indŽpendance africaine. Ce fut l'un des fondateurs de l'Association estudiantine de l'African Democratic Assembly (ou AFRDA), et il a aussi Žcrit des articles pour son organe de presse, La Voix de lÕAfrique Noire. En outre, il a ŽtŽ l'un des organisateurs de la premire ConfŽrence panafricaine des ƒtudiants ˆ Paris en 1951. En 1954, la thse de Doctorat de Diop a ŽtŽ rejetŽe par la Sorbonne, mais elle a tout de mme ŽtŽ publiŽe par PrŽsence africaine. Plus tard, Diop est retournŽ ˆ l'universitŽ et a dŽfendu sa thse avec succs. Avec son Doctorat en poche, Diop est rentrŽ au SŽnŽgal et a ŽtŽ engagŽ par l'Institut franais d'Afrique noire (IFAN). Il y a Žtabli le laboratoire de datation par le radiocarbone de Dakar, qui se spŽcialise dans la datation des matŽriaux archŽologiques et gŽologiques les plus anciens d'Afrique.

Tout au long de sa carrire universitaire, Diop s'est efforcŽ de dŽmontrer l'origine africaine de la civilisation et le caractre africain de l'ƒgypte antique. En 1971, il a ŽtŽ invitŽ par l'UNESCO ˆ contribuer ˆ la rŽdaction de l'Histoire gŽnŽrale de l'Afrique, une histoire complte de l'Afrique en plusieurs tomes qui est devenue un classique des Žtudes africaines. Diop est devenu plus tard professeur d'histoire ˆ l'UniversitŽ de Dakar, qui a ŽtŽ rebaptisŽe en son honneur UniversitŽ Cheikh Anta Diop en 1987.

Oeuvres choisies :
AntŽrioritŽ des Civilisations ngres : Mythe or VŽritŽ historique (1967)
Civilisation ou Barbarie : Anthropologie sans Complaisance (1981)

YandŽ Christiane Diop

Elle est directrice des Editions PrŽsence Africaine depuis que son mari est dŽcŽdŽ et Žgalement SecrŽtaire gŽnŽrale de la CommunautŽ Africaine de Culture. Son dŽsir de poursuivre l'oeuvre de son mari lui donne la force et l'inspiration nŽcessaires.

Cedric Dover (1904-1961)

Titre de la prŽsentation au Congrs de 1956 : Ç Culture et crŽativitŽ È

NŽ ˆ Calcutta, Inde, Cedric Dover a ŽtudiŽ les relations entre les groupes (un type de sociologie), puis il a fait des recherches en zoologie sur le terrain en Inde et en Malaisie, et il a enseignŽ ce sujet. Il est ensuite devenu professeur invitŽ d'anthropologie ˆ Fisk University aux ƒtats-Unis. Il a continuŽ son travail universitaire en AmŽrique en tant que professeur de relations entre les groupes ˆ la New School ˆ New York. Il a toujours ŽtŽ prŽoccupŽ par les problmes des gens de couleur et par les accomplissements culturels des peuples opprimŽs. Il a Žcrit de nombreux livres sur des Žtudes sociales et ethniques, dont Half-Caste, Know this of Race, Hell in the Sunshine, Features in the Arrow et Brown Phoenix. Plus tard dans sa vie, Dover a ŽditŽ une anthologie d'art noir aux ƒtats-Unis, American Negro Art (1960). Des historiens de l'art ont suggŽrŽ que l'Ïuvre de pionnier de Dover et de ses contemporains a contribuŽ ˆ la comprŽhension d'une Ç esthŽtique noire È dans la production culturelle.

Thomas Ekollo (1920-1996)

Pasteur camerounais, intellectuel.

Titre de la prŽsentation au Congrs de 1956 : Ç De lÕimportance de la culture pour lÕassimilation du message chrŽtien en Afrique noire È

Thomas Ekollo Žtait lÕun des tout premiers pasteurs de lÕƒglise ŽvangŽlique du Cameroun, et il est restŽ lÕune des figures marquantes du protestantisme camerounais de ces dernires dŽcennies, tant par lÕimportance des responsabilitŽs quÕil a assumŽes (directeur dÕun collge de Douala, secrŽtaire gŽnŽral de lÕenseignement protestant pour les ƒglises baptistes et lÕƒglise ŽvangŽlique, directeur de lÕenseignement gŽnŽral et technique pour le compte de lÕƒtat camerounais) que par son souci constant de rŽpondre aux questions de la sociŽtŽ camerounaise dÕaujourdÕhui. LÕengagement social ou ÏcumŽnique ne lui faisait pas peur, et il se souciait moins de la survie de lÕinstitution ˆ laquelle il appartenait que du tŽmoignage ŽvangŽlique quÕon attendait de lui. Ekollo est un homme totalement impliquŽ dans lÕhistoire et le devenir des ƒglises ŽvangŽliques en Afrique.

Oeuvres choisies :
MŽmoires dÕun Pasteur camerounais (2003)

Ben Enwonwu (1921-1994)

Sculpteur nigŽrian, peintre ; Conseiller en Beaux-Arts auprs du Gouvernement nigŽrian.

Titre de la prŽsentation au Congrs de 1956 : Ç Problems of the African artist to-day È (Problmes de l'artiste africain aujourd'hui)

NŽ dans la province d'Onitsha au Nigeria et ŽduquŽ dans des collges de l'ƒtat au Nigeria avant de se rendre en Europe pour y faire ses Žtudes secondaires, Benedict Enwonwu est devenu un artiste considŽrŽ par certains comme l'artiste le plus Žminent du Nigeria ˆ son Žpoque. Il a ŽtudiŽ les Beaux-Arts, l'EsthŽtique, l'Histoire de l'Art occidental et l'Anthropologie en Angleterre, et il a ensuite commencŽ une carrire artistique sŽrieuse. Travaillant avec des matŽriaux variŽs dans sa peinture et sa sculptureÑbois, bronze, mŽtal, plastique, pl‰tre, ciment, huile et aquarellesÑEnwonwu a produit des Ïuvres qui sont restŽes populaires tout au long de sa carrire. Il a attirŽ l'attention internationale quand la Reine Elizabeth II a posŽ pour lui ˆ Buckingham Palace vers la fin des annŽes cinquante. Enwonwu a exposŽ des sculptures dans le monde entier, aux galeries Berkeley ˆ Londres (1947), ˆ Howard University (1950), ˆ la Galerie Apollinaire (1950), au Goethe Institut (1976) et au Museum of Contemporary Art, New York (2001). Il a ŽtudiŽ l'aspect politique des cultures basŽes sur les arts visuels, et il a proposŽ d'utiliser l'expression artistique pour produire une reprŽsentation locale ou individuelle, mme en face des formes et techniques artistiques occidentales.

Frantz Fanon (1925-1961)

Psychiatre originaire des Antilles franaises, thŽoricien politique dont les analyses du colonialisme ont fait de lui l'un des principaux penseurs rŽvolutionnaires de son temps.

Titre de la prŽsentation au Congrs de 1956 : Ç Racisme et Culture È

Fanon est nŽ ˆ Fort-de-France, sur l'”le de la Martinique. Il a fait des Žtudes de mŽdecine ˆ Lyon, en France, et il a commencŽ son internat en psychiatrie. Plus tard, alors qu'il habitait en AlgŽrie, Fanon est devenu un militant actif, luttant pour la cause de l'indŽpendance algŽrienne. Les textes universitaires de Fanon, qu'il commena ˆ Žcrire sŽrieusement ˆ cette Žpoque, refltent les influences intellectuelles de ses annŽes en France, o il avait ŽtŽ attirŽ par le groupe d'intellectuels noirs associŽs ˆ PrŽsence Africaine. Il Žtait Žgalement trs proche du groupe d'intellectuels franais associŽs ˆ la revue Les Temps Modernes, notamment Jean-Paul Sartre et Albert Camus. Le travail de Fanon comme psychiatre en AlgŽrie l'a convaincu du rapport Žtroit entre les pathologies individuelles de ses patients et la situation politique du pays. Il en a conclu que le colonialisme cause une condition unique ˆ la fois chez le colonisŽ et chez le colonisateur, et que le seul traitement est une lutte rŽvolutionnaire par le colonisŽ pour se libŽrer du joug colonial. Ses Žcrits politiques et ses discussions des questions raciales et de l'ordre social colonial lui ont garanti une place parmi les intellectuels qui ont ŽlaborŽ la philosophie moderne postcoloniale.

Oeuvres choisies :
Peau noire, masques blancs (1952 ; Black Skin, White Masks, 1967)
Les DamnŽs de la terre (1961 ; Wretched of the Earth, 1965)
L'An V de la rŽvolution algŽrienne (A Dying Colonialism, 1967)

William Fontaine (1909-1968)

ƒducateur amŽricain, professeur de philosophie ˆ la University of Pennsylvania

Titre de la prŽsentation au Congrs de 1956 : Ç Segregation and desegregation in the United States: a philosophical analysis È (SŽgrŽgation et dŽsŽgrŽgation aux ƒtats-Unis : analyse philosophique)

NŽ dans une famille de treize enfants dans une rŽgion rurale de la Pennsylvanie, William Fontaine a obtenu son dipl™me de licence in 1930 ˆ Lincoln University, o il Žtait prŽsident de sa classe. Il fit ensuite des Žtudes de troisime cycle ˆ Harvard University, ˆ la University of Chicago et ˆ la University of Pennsylvania, o il a reu son Doctorat et o, en 1963, il est devenu le premier professeur titulaire dans son histoire. Il a souvent voyagŽ ˆ l'Žtranger, se rendant ˆ des confŽrences ˆ Lagos, ˆ Dakar et en EuropeÑpoursuivant la philosophie de la culture et cherchant ˆ faire sortir l'Žtude et l'utilisation de la philosophie de son cadre purement universitaire et ˆ la faire accepter par l'ensemble de la population. Il a Žgalement occupŽ le poste de secrŽtaire de l'American Society of African Culture pendant les annŽes soixante. En 1970, la University of Pennsylvania a crŽŽ les Fontaine Fellowships en son honneur, pour offrir des ressources et des allocations pour les Žtudiants de troisime cycle noirs dans cette universitŽ, qui en bŽnŽficient toujours aujourd'hui.

Oeuvres choisies :
Fortune, Matter and Providence (1936)
Reflections on Segregation, Desegregation, Power and Morals (1967)

Paul HazoumŽ (1890- ???)

ƒcrivain, diplomate, l'un des premiers romanciers francophones en Afrique

Titre de la prŽsentation au Congrs de 1956 : Ç La rŽvolte des Prtres È

Paul HazoumŽ est nŽ en 1890 ˆ Porto-Novo, Dahomey (maintenant le BŽnin). Il a fait ses Žtudes au SŽnŽgal, o il a obtenu un dipl™me de l'ƒcole Normale de Saint-Louis. Il a dirigŽ les opŽrations du MusŽe de lÕHomme ˆ Paris pendant les annŽes trente, et il a reprŽsentŽ la France ˆ la 8e ConfŽrence gŽnŽrale de l'UNESCO ˆ Montevideo. Il a Žgalement ŽtŽ conseiller auprs de l'Union franaise, Conseiller territorial au Dahomey, et laurŽat de l'AcadŽmie franaise. La carrire littŽraire de HazoumŽ est aussi digne d'intŽrt. Les premiers auteurs francophones noirs, au nombre desquels on doit compter HazoumŽ, ont souvent Žcrit d'une faon qui s'opposait directement au canon des textes franais, en s'efforant de prŽserver l'identitŽ culturelle de leurs nations et en dŽnonant les effets destructeurs de la colonisation sur les civilisations africaines. La reconstitution imaginative par HazoumŽ de l'atmosphre de la cour de l'ancien Dahomey dans Doguicimi (1935) reprŽsente le premier effort sŽrieux par un Africain d'adapter la langue franaise ˆ l'expŽrience africaine au moyen d'une narration dŽtaillŽe. Ce roman est Žgalement considŽrŽ comme l'un des premiers romans africains, et il a permis aux Žcrivains africains qui se sont engagŽs sur la voie ouverte par HazoumŽ d'adopter son union des traditions occidentales et africaines en matire de narration en dŽveloppant leurs propres littŽratures nationales.

Oeuvres choisies :
Doguicimi : Le premier roman dahomŽen ; 1938

James Ivy (1901- ???)

ƒrudit, traducteur, Žditeur du magazine de la NAACP The Crisis

Titre de la prŽsentation au Congrs de 1956 : Ç The N.A.A.C.P. as an instrument of social change È (La NAACP comme instrument de changement social)

En 1949, James Ivy est devenu rŽdacteur en chef de The Crisis, l'organe littŽraire et mŽdiatique de la National Association for the Advancement of Colored People. The Crisis avait ŽtŽ fondŽ en 1910 par W. E. B. Du Bois pour servir de Ç recueil de tŽmoignages sur l'histoire des races sombres È. Pendant qu'il a occupŽ ce poste, jusqu'en 1966, Ivy a dirigŽ les reportages du magazine sur le Mouvement des Droits civiques et sur de nombreux autres problmes. Il a ŽtŽ particulirement intŽressŽ par la traduction d'Žtudes sur la question noire par la diaspora. Sa connaissance de multiples langues lui a permis d'explorer et de promouvoir le dŽveloppement et le progrs socioculturel des gens de couleur dans le monde entier. Il a traduit personnellement en anglais de nombreux articles franais, espagnols et portugais pour The Crisis.

Marcus James (??? )

EcclŽsiastique jama•cain, sociologue.

Titre de la prŽsentation au Congrs de 1956 : Ç Christianity in the emergent Africa È (Le Christianisme dans la nouvelle Afrique)

James Žtait un prtre nŽ en Jama•que qui a obtenu son Doctorat ˆ Oxford University. Il Žtait un ecclŽsiastique anglican et un sociologue ; il a Žgalement ŽtŽ adjoint de l'aum™nier de l'UniversitŽ de Londres ; conseiller de Christian Action en Grande-Bretagne, une association de catholiques et de protestants collaborant sur des problmes sociaux et internationaux, et membre du ComitŽ d'Žtude de relations entre les races, Royal Institute of International Affairs.

George Lamming (1927- )

Romancier de la Barbade, critique littŽraire, essayiste et Žducateur.

Titre de la prŽsentation au Congrs de 1956 : Ç The Negro writer and his world È (L'Žcrivain noir et son monde)

NŽ ˆ Carrington Village, ˆ la Barbade, Lamming a obtenu une bourse pour Žtudier dans un lycŽe o il a fait la connaissance de l'enseignant Frank Collymore, qui Žtait Žgalement Žditeur de Bim, la nouvelle revue littŽraire influente des Antilles. Il a encouragŽ Lamming ˆ dŽvelopper ses talents d'Žcrivain, talents qui se sont Žpanouis quand il a ŽmigrŽ ˆ Londres en 1950Ñvoyageant sur le mme navire que le romancier de la TrinitŽ Samuel Selvon. Lamming a Žcrit de la poŽsie et des nouvelles, qu'il a publiŽes dans Bim et diffusŽ en Angleterre dans le cadre de l'Žmission radio de la BBC appelŽe Ç Caribbean Voices È. Ds sa publication de In the Castle of My Skin (1953), un rŽcit essentiellement autobiographique d'une enfance aux Antilles dans les annŽes trente et quarante, Lamming fut acclamŽ comme un brillant romancier. Il a continuŽ ˆ explorer les thmes de la dŽcolonisation, de la reconstruction nationale aux Antilles et de l'expŽrience d'Žmigrants antillais dans de nombreux autres livres au cours des annŽes qui suivirent. Lamming a remportŽ plusieurs prix prestigieux, dont une bourse Guggenheim en 1955. Il est retournŽ ˆ la Barbade en 1974, et depuis lors il a donnŽ des confŽrences dans de nombreuses universitŽs ˆ l'Žtranger. Ses premiers romains sont toujours considŽrŽs comme des tŽmoignages exceptionnels de l'expŽrience antillaise, et Lamming continue ˆ tre reconnu comme l'un des Žcrivains les plus influents dans la tradition littŽraire antillaise.

Oeuvres choisies :
In the Castle of My Skin (1953)
The Emigrants (1954)
Of Age and Innocence (1958)
Season of Adventure (1960)
The Pleasures of Exile (1960)
Water With Berries (1971)
Natives of My Person (1972)
Conversations: George Lamming: Essays, Addresses, and Interviews (1990)

Ebenezer Latunde Lasebikan ( ???)

SpŽcialiste de la langue yoruba.

Titre de la prŽsentation au Congrs de 1956 : Ç The Tonal Structure of Yoruba Poetry È (Structure tonale de la poŽsie yoruba)

NŽ ˆ Ibadan, Lasebikan a suivi des cours spŽciaux en phonŽtique et en linguistique ˆ la School of African and Oriental Studies, University of London. Il a reu son certificat pŽdagogique en 1951 et a occupŽ ensuite un poste de conseiller auprs du Commissioner for Western Nigeria, Žtabli ˆ Londres. Sa spŽcialitŽ universitaire Žtait la poŽsie yoruba : son histoire, sa sensibilitŽ et ses structures linguistiques. Il a enseignŽ pendant un certain temps dans la rŽgion de Bahia, au BrŽsil, o la culture yoruba, importŽe d'Afrique avec la traite des esclaves, est particulirement bien reprŽsentŽe. Il a Žgalement participŽ ˆ l'Žmission radio de la BBC, Ç West African Voices È.

Oeuvres choisies :
A Yoruba Revision Course (1947)
Ojulowo Yoruba (1955)
Awom Itan Ere Shakespeares (1955)
Learning Yoruba (1958)

Albert Mangones (1917-2002)

Sculpteur ha•tien, activiste et architecte.

Titre de la prŽsentation au Congrs de 1956 : Ç LÕart plastique en Ha•ti È

NŽ en Ha•ti et ŽduquŽ en partie en Europe et ˆ Cornell University aux ƒtats-Unis, Mangones a ŽtudiŽ l'ingŽnierie et l'architecture, mais il s'est toujours efforcŽ de promouvoir la prŽservation des arts et des cultures en Ha•ti. Mangones, qui appartenait ˆ la mme gŽnŽration que des Žcrivains comme Jacques Roumain et Jean Price-Mars, a collaborŽ avec eux et avec d'autres artistes pour Žtablir le Centre des Arts de Port-au-Prince, qui existe toujours, o des crŽateurs de toutes disciplines pouvaient se retrouver et travailler ensemble, et partager des studios dans un environnement favorable. En tant que sculpteur lui-mme, Mangones a produit un grand nombre de statues au fil des ans, et son chef-d'Ïuvre est probablement la statue de Neg Mawon, le Ç Marron Inconnu È, ou l'Ç esclave affranchi È, qui est devenue une vŽritable ic™ne ces dernires annŽes comme symbole de libertŽ et d'indŽpendance dans toutes les Antilles. L'American Institute of Architecture a rendu hommage ˆ ses accomplissements pendant les annŽes quatre-vingt. Plus tard, en tant que directeur de l'ISPAN (Institut pour la sauvegarde du patrimoine national), il a eu la possibilitŽ d'utiliser ses connaissances en architecture pour prŽserver des b‰timents et sites historiques en Ha•ti, dont la Citadelle et le Palais Sans Souci ˆ Milot, Province du Nord, et l'ancienne cathŽdrale de Port-au-Prince.

Davidson (Abioseh) Nicol (1924-1994)

Diplomate sierra lŽonais, mŽdecin, Žcrivain et critique littŽraire.

Titre de la prŽsentation au Congrs de 1956 : Ç The Soft Pink Palms È (Les palmes douces roses)

NŽ ˆ Freetown, Sierra Leone, Davidson Nicol a commencŽ ses Žtudes au Nigeria et a obtenu un dipl™me en sciences ˆ Cambridge University en 1946. Au dŽbut des annŽes cinquante, il a travaillŽ comme mŽdecin au Royaume-Uni, et il a reu son Doctorat en 1958. En plus de son travail scientifique, Nicol a ŽtŽ un acteur trs remarquŽ sur la scne journalistique et littŽraire de l'Europe et de l'Afrique pendant la plus grande partie du sicle. Langston Hughes a encouragŽ Nicol ˆ Žcrire, et il a publiŽ l'une de ses premires nouvelles dans An African Treasury (1960). Nicol a Žgalement Žcrit pour le magazine Encounter, l'Economist, le West African Review et PrŽsence Africaine, pour ne citer que quelques-uns des magazines pour lesquels il a Žcrit, et il a publiŽ plusieurs pomes, des nouvelles, des articles et des critiques littŽrairesÑet comme de nombreux autres Žcrivains africains de l'Žpoque, il a diffusŽ certaines de ses Ïuvres ˆ la radio. Il a enseignŽ ˆ l'UniversitŽ d'Ibadan, a ŽtŽ le premier doyen sierra lŽonais de Fourah Bay College et a ŽtŽ vice-chancelier de l'UniversitŽ de Sierra Leone. Nicol a ŽtŽ directeur Žconomique d'UNITAR de 1972 ˆ 1982 ; il est devenu le premier noir Žlu fellow ˆ Cambridge, et il a reprŽsentŽ la Sierra Leone en tant qu'ambassadeur de ce pays au Royaume-Uni.

    Oeuvres choisies :
    The Truly Married Woman (1965)
    Two African Tales (1965)
    Africanus Horton and Black Nationalism (1969)
    New and Modern Roles for Commonwealth and Empire (1976)
    Nigeria and the Future of Africa (1980)

Emmanuel C. Paul (1914-???)

Journaliste ha•tien, professeur ˆ l'Institut d'Ethnologie

Titre de la prŽsentation au Congrs de 1956 : Ç LÕEthnologie et les cultures noires È

Paul est nŽ ˆ Port-au-Prince, Ha•ti, et a ŽtŽ journaliste et professeur d'Žtudes ethniques. Il a publiŽ des articles dans plusieurs revues et magazines, dont les Bulletins du Bureau dÕethnologie de la SociŽtŽ historique ha•tienne, Optique, Le Nouveliste, Ha•ti-Journal et Le Jour.

Oeuvres choisies :
Notes sur le folklore ha•tien (1946)
Essai dÕorganographie dÕHa•ti (1947)
Culture, Langue, LittŽrature (1954)
Questions dÕHistoire (1955)
Panorama de Folklore ha•tien (1962)

Jean Price-Mars (1876-1969)

Historien ha•tien, diplomate, homme politique et ethnographe qui a prŽcŽdŽ et influencŽ le mouvement de la NŽgritude.

Titre de la prŽsentation au Congrs de 1956 : Ç Survivances africaines et dynamisme de la culture noire outre-Atlantique È

NŽ ˆ Grande Rivire du Nord, Ha•ti, Price-Mars a ŽtudiŽ la mŽdecine, l'anthropologie et la science politique en Ha•ti et ˆ Paris. Il a ensuite dŽcouvert ses talents d'orateur en faisant de nombreux discours sur la culture et la politique en Ha•ti entre 1910 et 1930. Price-Mars a ensuite partagŽ son temps entre les activitŽs politiques et des poursuites plus purement intellectuelles. Il s'est prŽsentŽ ˆ deux reprises ˆ des Žlections prŽsidentielles et a ŽtŽ nommŽ ambassadeur ˆ Paris par Franois Duvalier en 1957. Price-Mars a Žgalement Žcrit sur l'histoire d'Ha•ti et sur l'importance de la fiertŽ raciale et culturelle. Pendant la pŽriode humiliante de l'occupation d'Ha•ti par les ƒtats-Unis (1915-1934), Price-Mars s'est efforcŽ dans ses discours de rappeler aux Ha•tiens leur riche hŽritage culturel. Bien que ses idŽes semblent modŽrŽes si on les compare ˆ celles d'AimŽ CŽsaire et de Frantz Fanon, elles Žtaient rŽvolutionnaires ˆ leur Žpoque et dans son pays.

Oeuvres choisies :
La Vocation de l'Žlite (1919)
Ainsi parla l'Oncle (1928)
Une Žtape de l'Žvolution ha•tienne (1929)
De Saint-Domingue ˆ Ha•ti : essai sur la culture, les arts et la littŽrature (1959)
Silhouettes de ngres et de nŽgrophiles (1960)

Jacques RabŽmananjara (1913-2005)

Pote malgache, dramaturge

Titre de la prŽsentation au Congrs de 1956 : Ç LÕEurope et Nous È

RabŽmananjara est le pote malgache qui a le plus participŽ ˆ la revue PrŽsence Africaine. Ayant passŽ la guerre ˆ Paris en prŽparant une licence s-lettres, il devint lÕami intime dÕAlioune Diop, qui a toujours ŽtŽ lÕ‰me mme de cette revue. LorsquÕil revint dans son pays, il fut inculpŽ dans la rŽbellion malgache, fut internŽ pendant plus dÕun an, condamnŽ a mort, puis enfin libŽrŽ. Il avait eu le temps dÕŽcrire Antsa, qui est son meilleur pome, avec Lamba qui parut un peu plus tard. La vigueur et la sincŽritŽ de ces pomes avaient suscitŽ un tel enthousiasme chez les Žtudiants de Paris quÕil fut un temps o lÕon citait Senghor, CŽsaire et RabŽmananjara comme les trois grands potes de la NŽgritude. Mais ses deux pices Les Dieux malgaches et Les Boutriers de lÕaurore, ainsi que son dernier recueil Antidote, nÕont hŽlas pas tenu les promesses dÕun talent qui, bien que trop dŽclamatoire et trop dŽpendant de Verlaine, de CŽsaire et d'Eluard, semblait pouvoir sÕŽlever un jour jusquÕaux sommets de l'ŽpopŽe.

Oeuvres choisies :
Sur les marches du soir (1942)
Antsa (1947)
Les Dieux malgaches (1947)
Lamba (1956)
Nationalisme et problme malgache (1958)
Antidote (1961)

LŽopold SŽdar Senghor (1906-2001)

ƒrudit, pote, philosophe, homme d'ƒtat et PrŽsident du SŽnŽgal de 1960 ˆ 1981.

Titre de la prŽsentation au Congrs de 1956 : Ç LÕesprit de la civilisation ou les lois de la culture nŽgro-africaine È

NŽ ˆ Ndjitor, SŽnŽgal, d'un pre sŽrre et d'une mre peulhe, Senghor s'est efforcŽ de reprŽsenter tous les peuples du SŽnŽgal dans ses Žcrits et dans ses activitŽs politiques. Aprs avoir obtenu son BaccalaurŽat en 1928, Senghor obtint une bourse pour Žtudier ˆ la prestigieuse ƒcole Normale SupŽrieure ˆ Paris. Senghor a Žcrit sa thse sur Charles Baudelaire, et il a ŽtudiŽ les fondements intellectuels de la pensŽe politique franaise entre les deux guerres mondiales. En 1932, Senghor rencontra AimŽ CŽsaire, avec lequel il fonda un journal, L'ƒtudiant Noir, et, paralllement, un nouveau mouvement artistique et intellectuel, la NŽgritude. Il expliqua plus tard que la philosophie incorpore la Ç somme totale des valeurs africaines de civilisation È. Enseignant ensuite dans des universitŽs franaises, Senghor vit sa carrire universitaire et littŽraire s'Žpanouir avec la publication de plusieurs livres de poŽsie en franais qui remportrent des prix littŽraires. Senghor se lana en mme temps dans la politique, ˆ la fois en France et au SŽnŽgal, et il y remporta des succs tout aussi impressionnants. En 1945 et en 1946 Senghor fut Žlu pour reprŽsenter le SŽnŽgal ˆ l'AssemblŽe constituante franaise, et il fut Žlu premier PrŽsident du SŽnŽgal en 1960.

Oeuvres choisies :
Chants dÕombre (1945)
Hosties noires (1948)
Anthologie de la nouvelle poŽsie ngre et malgache (1948)
ƒthiopiques (1956)
Nocturnes (1961)
Lettres dÕhivernage (1973)
ƒlŽgies majeures (1979)
La poŽsie de l'action : conversation avec Mohamed Aziza (1980)
Ce que je crois (1988)

Abdoulaye Wade (1926- )

Politologue, PrŽsident actuel du SŽnŽgal (2000- ).

Titre de la prŽsentation au Congrs de 1956 : Ç LÕAfrique Noire doit-elle Žlaborer un droit positif ? È

NŽ ˆ KŽbŽmer, SŽnŽgal, Wade a fait ses Žtudes primaires au SŽnŽgal, mais aprs avoir obtenu une bourse d'Žtudes, il est entrŽ au lycŽe ˆ Paris, o il a suivi des cours de mathŽmatiques ŽlŽmentaires et de mathŽmatiques supŽrieures. Il a ŽtudiŽ dans des universitŽs variŽes en France, et il a reu son Doctorat en droit et en sciences Žconomiques. Il plaida quelques annŽes au barreau de Besanon, avant de revenir au SŽnŽgal pour ouvrir son cabinet d'avocat et s'inscrire ˆ l'UniversitŽ de Dakar comme chargŽ de cours. Il devint professeur agrŽgŽ des FacultŽs de droit et de sciences Žconomiques. En tant qu'expert et consultant, il apporta sa contribution ˆ lÕOrganisation de l'UnitŽ Africaine, ainsi qu'ˆ la Banque Africaine de DŽveloppement. Il crŽa le P.D.S (Parti DŽmocratique SŽnŽgalais) en 1974, dont il fut le secrŽtaire gŽnŽral, et il est devenu dŽputŽ en 1978. Candidat malheureux ˆ quatre reprises ˆ l'investiture suprme, il fut deux fois Ministre d'ƒtat dans les annŽes quatre-vingt-dix. Sa cinquime candidature ˆ l'Žlection prŽsidentielle, en mars 2000, fut couronnŽe de succs au second tour face au PrŽsident sortant Abdou Diouf. Il est Žgalement l'auteur de divers ouvrages et publications, dont "Un destin pour l'Afrique", "ƒconomie de l'Ouest africain" et "UnitŽ et croissance."

Richard Wright (1908-1960)

ƒcrivain amŽricain, dont les romans et les nouvelles ont contribuŽ ˆ redŽfinir les discussions sur les relations raciales en AmŽrique au milieu du 20e sicle.

Titre de la prŽsentation au Congrs de 1956 : Ç Tradition and industrialization. The plight of the tragic elite in Africa È (Tradition et industrialisation. Le fardeau de l'Žlite tragique en Afrique)

ƒlevŽ essentiellement par des parents ŽloignŽs prs de Natchez, Mississippi, Richard Wright abandonna l'Žcole ˆ l'‰ge de 17 ans. Pendant la Grande dŽpression, Wright a participŽ ˆ divers projets de rŽdaction et d'Ždition pour le Federal Writers' Project ˆ Chicago. Son premier livre, Uncle Tom's Children (1938 ; rŽvisŽ en 1940) remporta le premier prix ˆ un concours littŽraire organisŽ sous l'Žgide du Projet. Wright s'installa plus tard ˆ New York, o il a continuŽ ˆ Žcrire des Ïuvres de fiction. En 1939, une bourse Guggenheim a permis ˆ Wright d'Žcrire son chef-d'Ïuvre, Native Son. Ce livre explore les pressions psychologiques violentes qui poussent un jeune noir, Bigger Thomas, ˆ commettre un meurtre. Le livre fut immŽdiatement un grand succs auprs des lecteurs blancs comme noirs, ce qui lui a gagnŽ un public Žtendu, tout en lui valant des critiques pour ses tendances socialisantes. Wright avait adhŽrŽ au Parti communiste ˆ Chicago, et il en est restŽ un membre actif jusqu'aux annŽes quarante, quand il a quittŽ le parti pour des raisons idŽologiques. Wright s'est exilŽ en France ˆ la fin des annŽes quarante. Il a publiŽ plusieurs autres romans et ouvrages non romanesques pendant le reste de sa vie. Son premier ouvrage autobiographique, Black Boy (1945), rŽvle en termes ˆ la fois personnels et amers l'impact dŽvastateur des prŽjugŽs raciaux sur les jeunes noirs aux ƒtats-Unis. Wright s'est opposŽ publiquement au racisme et a ŽtŽ peut-tre le porte-parole le plus Žloquent des noirs de sa gŽnŽration aux ƒtats-Unis.

Oeuvres choisies :
Native Son (1940)
12 Million Black Voices (1941)
The Outsider (1953)
Black Power (1954)
The Color Curtain (1956)
Pagan Spain (1957)
The Long Dream (1958)
American Hunger (1977)